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Par  Publié e 12/12/2019 à 10h49

lemondeTensions sur le marché des télécoms d’entreprise

La faillite de l’opérateur télécom Kosc, lancé à l’origine pour casser le duopole d’Orange et SFR, inquiète. Plus de 65 000 entreprises pourraient être privées d’Internet. Le Sénat appelle l’Etat à réagir.

Que va-t-il advenir de Kosc ? En faillite, le trublion des télécoms professionnels, lancé il y a près de quatre ans avec la bénédiction des pouvoirs publics pour bousculer le duopole d’Orange et SFR sur le marché des entreprises, cherche un repreneur. Un appel d’offres était sur le point d’être publié, jeudi 12 décembre, par l’administrateur judiciaire. Les candidats au rachat de l’opérateur auront jusqu’au 27 janvier pour déposer leurs offres.

Dans le monde des télécoms, l’onde de choc est palpable. « Les clients s’inquiètent. Plus de 65 000 entreprises risquent d’être privées d’Internet si Kosc ne trouve pas de repreneur. La transformation numérique et la compétitivité des TPE et des PME est en danger », assure Laurent Silvestri, président du Club des dirigeants réseaux et télécoms (CDRT), un groupe d’affaires qui réunit près de 200 professionnels du secteur.

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ITW Laurent Silvestri – SB – Réseaux VRD n°261 -juillet 2020

Numérisation de l’économie : où en sont les PME ?

Le Covid-19 a apporté son lot de problèmes économiques mais il a aussi permis de mettre en lumière des points précis sur lesquels la France était en retard. C’est le cas pour les PME et le numérique. Une histoire d’amour qui a bien du mal à prendre son envol. Nous avons rencontré Laurent Silvestri, pdg d’OpenIP et président du CDRT, pour en savoir plus.

Réseaux VRD : Comment se portent les PME françaises ?

Laurent Silvestri : Le sujet est vaste mais comme élément de réponse, je vous dirais simplement qu’elles ont du mal à devenir des ETI (entreprises de taille intermédiaire, ndlr). Trouver une explication à cela en quelques mots serait très réducteur mais peut-être faut-il y voir un manque d’ambition, d’internationalisation ou encore de digitalisation.

R-VRD : Sur les services, est-il facile de concurrencer les GAFAM ?

  1. S.: C’est compliqué. Les entreprises ont tendance à aller vers les GAFAM ou des entreprises comme OVH pour le Cloud. Les tarifs y sont plus attractifs et, quoiqu’on en dise, le prix restent le critère principal de choix des PME. J’étais récemment à une soirée sur le thème de l’éco-responsabilité et du GreenIT : pour résumé, le sujet c’était « c’est bien de faire du Green, mais avant tout, il faut faire des économies ». Sans apporter d’économies, la PME ne va pas écouter mon discours sur l’écologie. Il faut prendre ça en compte.

R-VRD : Comment pousser les PME à voir plus loin que le prix ?

  1. S.: Par la pédagogie. Depuis l’ouverture de la concurrence, la seule chose qu’on a su leur proposer, c’est du tuyau avec un prix moins cher. C’est très réducteur. Les PMEs souhaitent être prises par la main et elles sont prêtes à payer pour bénéficier d’un partenaire numérique de confiance.

R-VRD : Comment expliquer que seulement 20% des PME soient équipées en fibre optique ?

  1. S.: C’est principalement parce qu’aujourd’hui, les offres fibre professionnelles sont les offres FTTO et FTTE. Or, ces offres fibres dédiées sont onéreuses et plutôt dédiées aux moyennes entreprises. Les petites entreprises ne refusent pas de s’équiper. Elles attendent des offres à des tarifs plus attractifs, avec GTR ou avec débit garanti. Ces offres sont récentes et encore loin de couvrir le territoire. Le retard d’équipement des PMEs s’explique par le fait que ces offres ne datent que de 2018. L’accélération du déploiement FTTH grand public depuis quelques années est une bonne nouvelle mais une entreprise ne peut fonctionner sereinement sans délai de temps de rétablissement (GTR) et sans débit garanti.

R-VRD : Avec l’arrivée de ces offres récentes, ressentez-vous une appétence des PME pour la fibre ?

  1. S.: Oui, bien sûr. Il y a une envie de numérique, de digitalisation. Mais la France a un vrai problème d’éducation numérique dans le cursus scolaire. Et un chef d’entreprise, quel qu’il soit, est encore peu « numérique ». Et c’est pareil pour les salariés qui ont du mal à se digitaliser. Les gens adorent le numérique pour faire des photos, regarder tous types de vidéos ou consulter les réseaux sociaux mais ils ne veulent pas prendre de cours d’informatique pour leur profession. De plus, on a un problème de prise de conscience du potentiel d’internet. Regardez les géants de la vente par correspondance qui n’ont pas su laisser leurs catalogues papier pour investir massivement le web : ils ont disparu. L’entreprise d’aujourd’hui doit être digitale.

R-VRD : Que peut apporter internet à une PME

  1. S.: Il y a des opportunités commerciales, des possibilités d’aller chercher de nouveaux clients car internet est le plus grand marché au monde. Mais il y a aussi des opportunités opérationnelles lorsque l’on dématérialise l’entreprise. Cela peut être une comptabilité en ligne, des notes de frais, des tickets restaurant ou encore la téléphonie dématérialisés. Cette dématérialisation est synonyme de productivité, d’amélioration de la rentabilité, d’attractivité pour le recrutement.

R-VRD : N’y a-t-il pas une part de crainte chez les PME à l’idée de tout dématérialiser ?

  1. S.: C’est un des éléments important en effet. Pendant longtemps, le réseau internet a manqué de fiabilité. Ce n’est plus du tout le cas d’autant que la fibre le fiabilise encore plus !

R-VRD : Vous parlez de la téléphonie. Comment peut-elle être dématérialisée ?

  1. S.: Par le cloud ! Mais c’est un sujet sur lequel la France est très en retard. Historiquement, le marché de la téléphonie d’entreprise en France est dominé par deux acteurs majeurs, Alcatel et Mitel (ex-Aastra, ex-Matra). Ces deux leaders historiques n’ont pas poussé leurs réseaux d’installateurs à privilégier la vente de matériel plutôt que de vendre du cloud. Pour illustrer le retard incroyable pris, encore aujourd’hui, Alcatel et Mitel n’ont pas d’offres cloud pour les PMEs. Depuis 4 à 5 ans, de nouveaux acteurs, trop souvent américains, arrivent en France avec des offres cloud, plus adaptées aux PMEs et récupèrent ce marché.

R-VRD : En quelques mots, c’est quoi la téléphonie sur le cloud ?

  1. S.: Pour faire simple, au lieu que le logiciel de téléphonie soit installé dans une boîte, elle-même installée dans un placard de l’entreprise, il est déployé sur une machine virtuelle, dans le cloud. C’est, en quelque sorte, la rapprochement de l’informatique et de la téléphonie. Et là, les possibilités sont énormes puisque, par exemple, on peut appeler ou chater avec son téléphone physique ou via une application sur son smartphone ou sur un PC… et cela, du monde entier !

R-VRD : 85 % des PME ont activé le télétravail, au moins partiel, pendant la crise de la Covid-19. Cela s’est-il fait sans heurts ?

  1. S.: Pas du tout. La plupart des gens ont activés des renvois sur leur téléphonie d’entreprises et sont partis avec leur téléphone mobile. Seul 11% des PMEs ont une téléphonie dans le cloud. Ce déploiement massif du télétravail a été un cauchemar en termes d’expérience utilisateur. De plus, on a pris d’énorme risque en termes de sécurité informatique. On parle d’une augmentation de 600 % des attaques informatiques ! Pour illustrer l’importance de développer une culture informatique de sécurité, je vous rappelle, il y a quelques mois, que le groupe Bouygues et toutes ses filiales ont été bloquées de longues journées à cause d’un ransomware.

R-VRD : Maintenant, tout est rentré dans l’ordre sur les réseaux des entreprises ?

  1. S.: Non, je ne pense pas. Lors de ce type d’attaque ou de période où le matériel informatique est vulnérable, les hackers installent des espions, des portes dérobées, qu’ils pourront activer à leur guise. Les réseaux d’entreprise sont toujours en danger et ont clairement besoin d’être sécurisés.

R-VRD : Qu’elle attitude une PME doit-elle adopter ?

  1. S.: Déjà, il faut comprendre que si le numérique fait faire des économies, il demande d’abord un investissement. Ne serait-ce que pour changer les postes téléphoniques, changer les PC sous-dimensionnés, pousser vers un équipement plus mobile, etc. Les PME doivent s’orienter vers leurs installateurs informatiques et télécoms de proximité pour bénéficier du meilleur accompagnement. Tout doit venir de la direction qui va pousser le mouvement. Il faut une stratégie de digitalisation qui va se construire avec un partenaire compétent de proximité.

R-VRD : 22 % des PME n’ont pas de site web. Pourquoi ?

  1. S.: La plupart du temps, elles considèrent simplement que cela ne sert à rien. C’est lié à un manque d’ambition et aussi, sans doute, à un manque de compréhension des opportunités commerciales offertes par le web.

R-VRD : Le numérique va-t-il s’imposer chez les PME ?

  1. S.: La nouvelle normalité va intégrer le numérique. C’est une évidence. Cette crise a montré que la numérique permettait d’avoir des entreprises plus résilientes. Mais il va falloir faire vite et que le ralentissement économique ne bloque pas trop les investissements. Je dirais pour finir que cette transformation est importante pour l’attractivité des entreprises. Les entrants sur le marché du travail sont des « digital-native », ils sont nés et ont grandi avec ces outils. Une entreprise qui n’aura pas pris ce virage ne les attirera pas.

Propos recueillis par Sébastien Battaglini

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latribuneTrès haut débit pour les entreprises : le Sénat alerte le gouvernement 

https://www.latribune.fr/technos-medias/telecoms/tres-haut-debit-pour-les-entreprises-le-senat-alerte-le-gouvernement-835176.html

Tandis que l’avenir de Kosc, un opérateur stratégique du marché des télécoms pour les entreprises, s’inscrit en pointillés, les parlementaires appellent l'exécutif à prendre des mesures pour s’assurer que les TPE et PME puissent enfin accéder des offres de fibre à prix raisonnable.

Sur le front des télécoms, les sénateurs sont décidément très remontés envers le gouvernement. Alors que les parlementaires ont récemment pesté contre l'enveloppe, jugée insuffisante, octroyée par l'exécutif pour déployer la fibre dans les territoires ruraux, ceux-ci ont interpellé les pouvoirs publics, ce mercredi, concernant sa politique dans les télécoms pour les entreprises. Plus précisément, la Délégation aux entreprises et le Groupe numérique du Sénat s'alarment depuis des semaines de la situation de Kosc.

Suite à un conflit avec Altice, l'avenir de cet opérateur de gros sur le marché des télécoms professionnelles est incertain. En grandes difficulté financière, celui-ci a été placé en redressement judiciaire et cherche un repreneur. La situation de Kosc sème le trouble sur le marché de la fibre pour les entreprises. Son activité est jugée stratégique par l'Arcep. Le régulateur des télécoms a tout fait, ces dernières années, pour épauler Kosc. L'Arcep le perçoit comme un catalyseur de la concurrence dans un marché dominé par Orange, et dans une moindre mesure par SFR. L'objectif étant, in fine, de permettre enfin aux TPE et aux PME d'accéder à des offres Internet fixe bon marché.

Aux yeux des sénateurs, la disparition de l'activité de Kosc constituerait un désastre pour la numérisation des entreprises, un domaine où la France est en retard. A plusieurs reprises, les parlementaires ont demandé au gouvernement de se saisir du dossier. Mais leurs interpellations sont restées lettres mortes. « Nous avons alerté le gouvernement au plus haut niveau, mais les échos sont négatifs », canarde Elisabeth Lamure, sénatrice du Rhône (LR) et présidente de la Délégation sénatoriale aux entreprises. « Nous n'avons eu aucune réponse des pouvoirs publics concernant notre principale préoccupation : la possibilité que 65.000 PME (bénéficiant d'une ligne Kosc, Ndlr) se retrouvent sur le carreau, sans Internet... », déplore-t-elle.

Même son de cloche pour Patrick Chaize, sénateur de l'Ain (LR), et président du Groupe numérique du Sénat. Le parlementaire souhaite que le gouvernement soutienne « le modèle de Kosc », qui vend de la connectivité en gros aux opérateurs alternatifs - lesquels la commercialisent ensuite, au détail, aux entreprises. Kosc a surtout une particularité importante : en tant que grossiste pur, il n'est pas concurrent des opérateurs alternatifs sur le marché de détail. Pour Patrick Chaize, le fait que l'exécutif n'ait toujours pas répondu aux inquiétudes des parlementaires concernant l'avenir de Kosc est regrettable. D'autant que la société n'aurait pas vu le jour sans l'aide de l'État. « Kosc est né grâce au soutien de l'Autorité de la concurrence, de l'Arcep, ainsi que de la Banque des Territoires (qui dépend de la Caisse des Dépôts, Ndlr) », rappelle le sénateur.

Une affaire « d'intérêt général numérique »

A travers ce dossier, Patrick Chaize souhaite que le gouvernement prenne à bras le corps le problème de l'accès à la fibre des TPE et des PME. « Notre objectif est que toutes les entreprises françaises puissent bénéficier demain de la fibre sur un réseau neutre, ouvert, à un prix qui soit acceptable », poursuit-il. Elisabeth Namure, elle, qualifie l'affaire « d'intérêt général numérique ». Dans le sillage de la publication d'un rapport sur les télécoms professionnelles et la situation de Kosc, elle évoque la possibilité de déposer une proposition de loi.

En fin de semaine dernière, Sébastien Soriano, le président de l'Arcep, a affirmé que l'activité de Kosc, en tant que grossiste pur, était fondamentale pour les télécoms professionnelles. « Nous appelons de nos vœux à la prolongation de cette activité, que ce soit via un adossement différent avec ses investisseurs, ou à travers une reprise du groupe », a-t-il indiqué. Avant d'avertir les candidats à la reprise : « L'important, c'est qu'une activité de gros volontariste soit structurellement garantie. »

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logo edi  Publié le 01/09/2019

LEDI Avisdexpert CDRTsmall'année 2019 marque l'accélération de la transformation numérique où les opérateurs de services numériques ont une vraie carte à jouer en misant notamment sur la connaissance des clients et l'adaptabilité de leurs offres. Le tout avec l'appui constant du CDRT.

Par Philippe Sordet, vice-président du CDRT (Club des Dirigeants Réseaux et Télécoms)

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figaroLe Sénat se mobilise pour sauver l’opérateur Kosc

La faillite du groupe de télécoms menace de priver 65.000 PME d’un accès à internet.

  Par Elsa Bembaron - Publié 12/12/2019  

L’objectif de Kosc était de rendre la fibre plus accessible pour les PME. Chepko Danil, chepko@yandex.ru/Chepko Danil - stock.adobe.com

La bonne idée va-t-elle virer à la catastrophe industrielle ? L’opérateur télécoms Kosc a été lancé pour « introduire de la concurrence » sur le marché dédié aux entreprises. Trois ans plus tard, il risque de mettre la clef sous la porte, au risque de voir «plus de 65.000 entreprises, essentiellement des TPE et des PME, privées d’accès à internet», affirme Laurent Silvestri, président du Club des dirigeants réseaux & télécoms (CDRT). Une inquiétude partagée par la Délégation sénatoriale aux entreprises qui tire la sonnette d’alarme. « Nous avons alerté les régulateurs et les cabinets ministériels concernés il y a quelques semaines, sans voir de réponse », ajoute Élisabeth Lamure, sénatrice.

La naissance de Kosc répondait à une préoccupation commune à l’Autorité des télécoms (Arcep), l’autorité de la concurrence (ADLC) et de la Banque des territoires. «Il fallait mettre fin au duopole d’Orange et SFR sur le marché des entreprises», rappelle le sénateur Patrick Chaize. Or déboutant une demande de Kosc face à Altice SFR en septembre 2019, l’autorité de la concurrence a précipité sa chute.

Kosc est un opérateur de gros: il vend des connexions à des sociétés qui les revendent avec d’autres services à des entreprises. L’objectif était que ce nouvel entrant tire vers le bas les prix de la fibre pour les PME. «Aujourd’hui, pour bénéficier d’une offre dédiée, avec un débit et des services garantis, une PME doit débourser entre 400 et 600 euros par mois. C’est un coût que beaucoup ne peuvent pas supporter», explique Laurent Silvestri. Néanmoins, ces petites et moyennes entreprises sont demandeuses d’un raccordement à la fibre, indispensable pour le passage au numérique. La CDRT se plaint de délais de raccordement à la fibre «pouvant atteindre un an», chez SFR! Pour Laurent Silvestri, Kosc «est un opérateur neutre qui entraîne avec lui tout un écosystème». Lequel risque d’aller au naufrage en cas de disparition de Kosc.

Depuis début décembre, le groupe est en redressement judiciaire. Il bénéficie d’une période d’observation de six mois, avec poursuite de son activité sous l’assistance d’un administrateur judiciaire. Celui-ci devrait lancer cette semaine un appel d’offres pour trouver un repreneur à Kosc. Bouygues Telecom a déjà regardé le dossier, mais sans donner suite pour le moment, D’autres noms circulent, comme celui d’Axione, un opérateur de réseaux télécoms. Des fonds d’investissement, spécialisés ou non dans les infrastructures, pourraient également être intéressés, alors qu’un mouvement de consolidation est enclenché dans ce secteur. Mais il leur faut avoir des horizons d’investissement à long terme compte tenu du modèle économique de Kosc. «On voit bien des marques d’intérêt», commente Antoine Fournier, PDG de Kosc, qui préfère rester prudent dans ses pronostics.

Des dizaines de millions

Les sommes à injecter vont dépendre du profil de l’éventuel repreneur. Hors synergies avec un acteur industriel, il faut encore «plusieurs dizaines de millions d’euros pour arriver à l’équilibre». Les télécoms sont une industrie de coût fixe, ce qui implique qu’il faut laisser le temps à l’opérateur de remplir son réseau pour qu’il puisse enfin dégager des marges.

Face à cette incertitude, la Délégation sénatoriale aux entreprises demande au gouvernement de «sauver le modèle Kosc». C’est-à-dire de maintenir l’activité d’un troisième opérateur sur le marché des entreprises.

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Veut-on vraiment accélérer la digitalisation des entreprises ?

C’est un paradoxe : la France est en même temps leader en matière de couverture fibre (3ème en Europe) et parmi les derniers en matière de transformation numérique des entreprises (18ème [1]).

La transformation numérique des entreprises nécessite de combiner informatique, telecoms et cloud : sécurité des données, développement du télétravail, liaisons multisites, visioconférences… Offres et besoins évoluent vite, et les TPE/PME n’ont ni le temps ni les compétences pour gérer cela en interne. Elles doivent pouvoir compter sur des ensembliers, qui savent pour elles assembler, interfacer et mettre à jour un large panel de produits numériques qui leur sont externalisés et qui servent au bon fonctionnement quotidien des entreprises.

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Infographie : source CDRT

Cet écosystème de sociétés de proximité compte environ 1 300 opérateurs de services numériques répartis sur tout le territoire. Leur présence locale et leur diversité sont gages de concurrence et d’innovation, dans un secteur très évolutif. Certaines de ces entreprises possèdent leurs propres « cœurs de réseaux », mais la plupart s’appuie sur des opérateurs qualifiés d’agrégateurs (de liens télécoms). In fine, uniquement grâce à la possibilité d’accéder aux offres du marché de gros, ils utilisent tous les infrastructures essentielles qu’il n’est pas question de répliquer (les réseaux cuivre et fibre).

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Infographie : source CDRT

Ces opérateurs se sont pour la plupart développés grâce aux RIP, les réseaux d’initiative publique créés à la demande des collectivités pour développer les services offerts et apporter la concurrence entre les acteurs télécoms. Les RIP s’interdisent de vendre sur le marché de détail, c’est-à-dire de rentrer en concurrence avec leurs clients directs (les opérateurs de service numérique et les agrégateurs). Ce principe a poussé les RIP à développer des offres qui correspondent parfaitement aux besoins du marché de gros : neutres, ouvertes et activées. Les résultats sont clairs : les RIP, qui ne sont pourtant disponibles que pour une minorité des entreprises, représentent selon l’ARCEP 50% des liens en fibre optique vendus sur le marché de gros pour les professionnels[2]. Au-delà de favoriser la concurrence[3] et la diversité parmi les opérateurs et donc d’accélérer la transition numérique des entreprises, le modèle des RIP a un impact positif sur l’économie et l’emploi[4]. Le modèle « wholesale only »  a même été promu et repris par la Commission européenne[5] dans son nouveau code des communications électroniques. L’OCDE dans son rapport publié le 10 septembre, l’identifie comme un des modèles d’avenir des opérateurs[6].

Si le modèle d’offreurs de gros non présents sur le marché de détail produit des résultats positifs pour les entreprises dans les RIP, sa reprise en zone d’initiative privée devrait pouvoir produire les mêmes effets. C’était l’objectif visé par KOSC lors de sa constitution - fondée sur la décision de cession du réseau Completel imposée par l’Autorité de la concurrence à SFR en 2014 et favorisée par l’évolution en 2017 des conditions de régulation prévues par l’ARCEP – pour faire bouger les lignes d’un marché considéré, y compris par le régulateur, comme non suffisamment concurrentiel.

KOSC est aujourd’hui à un tournant de son histoire, mais ne nous y trompons pas, ce n’est pas son seul destin qui se joue ici : la recomposition de son capital déterminera la poursuite de l’évolution ou le repli de l’animation concurrentielle entamée dans les zones d’initiative privée. La conséquence du dysfonctionnement du marché professionnel - qui représente 10 milliards d’euros par an, soit 1/3 de l’ensemble du marché des télécoms - c’est une transformation des entreprises ralentie : pas d’usage numérique avancé sans accès télécom ouvert.

Le modèle d’opérateur de gros neutre a fait ses preuves. Le marché télécom des entreprises est-il condamné à rester insuffisamment concurrentiel sur une large partie du territoire ? La France va-t-elle rester  en queue de peloton en Europe en matière de transformation numérique des entreprises ? L’Avicca, le CDRT et InfraNum se rassemblent pour que ces questions, lourdes de conséquences, soient bien mises en balance au plus haut niveau lors des arbitrages à venir.

Patrick Chaize -  Président de l’AVICCA                    

Etienne Dugas -  Président d’InfraNum                    

Laurent Silvestri -    Président du CDRT

 

A propos d’InfraNum : www.infranum.fr

Créée le 6 décembre 2012 pour accompagner le Plan France Très Haut Débit, la fédération InfraNum (ex-FIRIP), regroupe plus de 200 entreprises représentatives de l’ensemble des métiers de la filière des Infrastructures du numérique (bureaux d’études, opérateurs, intégrateurs, équipementiers, fournisseurs de services, etc.).

Partenaire industriel de tous les territoires connectés ou à connecter, elle soutient l’aménagement numérique et le développement des usages sur les territoires en misant sur une infrastructure neutre, ouverte et mutualisée.

Interlocuteur privilégié du gouvernement, des principaux organes de décision français dédiés au numérique (Agence du numérique, ARCEP, Commission supérieure du numérique et des postes) et des collectivités, elle favorise les partenariats entre acteurs publics et privés et avec l’ensemble des acteurs institutionnels et techniques. 

Parmi ses thèmes d’actions prioritaires, au-delà du déploiement du THD : les smart territoires et la gouvernance de la donnée ; l’emploi et la promotion des métiers du déploiement de la fibre ; la valorisation et la promotion à l’étranger du modèle des réseaux à la française. 

En tant que membre d’Objectif Fibre, collectif dont le but est d’éditer des guides pratiques et d’améliorer la formation aux métiers du THD, InfraNum est en charge de la mise en place de la communication liée à l’EDEC signé avec l’Etat au sujet de l’emploi et la formation dans la filière de la fibre optique.

InfraNum a oeuvré collectivement, aux côtés des fédérations AFNUM, FFT et Sycabel, pour la création d’un Comité Stratégique de Filière « Infrastructures du numérique », annoncé le 22 novembre 2018 par le gouvernement.

 

A propos de l’AVICCA

Créée en 1986, l’Avicca fédère les collectivités françaises qui agissent pour l’aménagement numérique des territoires, afin de mutualiser les expériences et peser sur le contexte national. Plus de 30 ans d’expérience lui donnent un recul irremplaçable dans les analyses, en particulier sur les questions du jeu des acteurs, de la réglementation, des stratégies et des évolutions technologiques. L’AVICCA est membre des instances suivantes : Comité de Concertation France THD, Comité de Concertation France Mobile, Comité de l’interconnexion et de l’accès (Arcep), Comité d’experts cuivre (Arcep), Comité d’experts fibre (Arcep) et du Comité opérationnel des RIP (Agence du Numérique). Elle est également partenaire de locales TV. L’association représente ainsi plus de 230 adhérents, villes, intercommunalités, départements, régions, syndicats mixtes, syndicats d’énergie, régies, SPL, de métropole et d’Outre-Mer.

 

A propos du CDRT

Le CDRT est un club d’affaires, créé en 2012, qui a pour objectif de réunir les acteurs de la convergence informatique et télécoms, faciliter le networking et apporter un éclairage d’experts sur les sujets d’actualités. Il permet d'échanger et partager des expériences avec l'ensemble des acteurs de l'écosystème informatique et télécoms, créer des synergies Business en toute bienveillance, anticiper les évolutions du marché et des usages et participer à la promotion des Communications Unifiées. Le CDRT compte 190 membres dirigeants, représentant les différents acteurs de l’écosystème des Communications Unifiées, intégrateurs, opérateurs, éditeurs, é

 

[1] Commission Européenne, Digital scoreboard index, 2017

[2] Bilan et perspectives ARCEP, juillet 2019

[3] Les RIP à destination des professionnels peuvent compter plusieurs dizaines d’opérateurs clients différents. A titre d’illustration, celui de Nantes Métropole, sur un périmètre géographique restreint, en comptait déjà plus de 60 dès la 4ème année de fonctionnement

[4] Taux de chômage à 9,9% pour les zones d’emploi traversées par un RIP contre 10,55% ailleurs, taux de création d’entreprise supérieur d’environ 10% (Observatoire Caisse des Dépots, FIRIP,devenue InfraNum, Idate/Digiworld 2017)

[5] Opérateurs « wholesale only » du nouveau « paquet télécoms » dont la directive doit être retranscrite en droit français prochainement.

[6] Kosc est cité en exemple dans ce rapport  (https://www.oecd-ilibrary.org/science-and-technology/the-operators-and-their-future_60c93aa7-en)

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